A Koumra, chef-lieu de la province du Mandoul dans le sud du Tchad, se développe un phénomène très inquiétant: celui de l’expansion du nombre d’enfants vivants dans les rues et tous de plus en plus jeunes. Ces enfants sont dans la majorité des jeunes garçons âgées de cinq (05) à dix-huit (18) ans. Ils vivent dans des conditions très difficiles et sont objets d’exploitation et d’abus de tout genre. Ce phénomène se justifie par des facteurs comme le contexte économique très difficile, les violences conjugales (principalement celles faites aux femmes), la maltraitance des enfants, l’alcoolisme, la difficile accès à l’éducation et bien d’autres… c’est le lieu de souligner qu’économiquement, les populations du Mandoul vivent dans un contexte de pauvreté qui favorise l’éclosion de plusieurs autres maux sociaux.
Malgré les efforts des Organisations de la Société civile (OSC), notamment celles entreprises par notre organisation à travers le Département de la Formation et de la réinsertion Professionnelles (DFRS); mais aussi d’autres organisations sœurs telles que l’Association pour la Réinsertion des Enfants en Détresse (ARED), le Centre d’Education et de Formation des Déficients Auditifs et Visuels (CEFODAV); on retrouve de jours en jours plus d’enfants dans la rue. Très peu d’actions gouvernementales concrètes sont entreprises localement pour limiter ce phénomène et encadrer ceux dont les parents sont devenus »la rue ».
Face à cette situation, les OSC de la Province essaient tant bien que mal de rechercher des solutions. Lors du cadre de dialogue citoyen du vendredi 31janvier dernier, il a justement été abordé comme problématique cette épineuse question des enfants de la rue. il a été décidé de faire un plaidoyer qui sera porté par le réseau des Associations de Défense des Droits de l’Homme (ADH) du Mandoul, auprès des autorités administratives locales, notamment le gouverneur, à fin que des mesures soient prises pour limiter la migration des enfants des familles pour les rues. Surtout, pour contraindre les parents à plus de responsabilités vis à vis de leurs progénitures. Monsieur ROBMADJE ISMAEL, Coordonnateur du Club La Voix des Sans Voix du Mandoul, estime que: « Construire un centre pouvant abriter ces enfants, les protègerait de nombreux dangers, mais donnerait surtout à ces enfants une chance de devenir des Hommes. Etant moi aussi un ancien enfant vulnérable, je sais toute l’importance de pouvoir bénéficier d’un accompagnement« .
Il est également envisageable de construire un centre social pouvant abriter ces enfants, les instruire et les former à des métiers. Cela leur permettra de ne pas rester en marge de la société. C’est surtout le lieu de sensibiliser continuellement sur la maltraitance et l’exploitation des enfants, qui plus est ceux en situation de vulnérabilité.
